Choisir la vulgarisation scientifique comme carrière

J’étais étudiante lorsque j’ai commencé ma carrière en vulgarisation scientifique à l’Observatoire fédéral d’astrophysique à Victoria, C.-B.. Comme je faisais des présentations publiques, les gens me demandaient souvent si j’étais étudiante en astronomie. Pendant quelques années, la réponse fut facile : oui. 

 

Puis, j’ai terminé mes études et continué à travailler à temps plein dans le domaine.  Les gens continuaient constamment à me demander si j’étais étudiante. J’étais jeune alors c’était compréhensible, mais j’ai commencé à me demander pourquoi les gens présumaient toujours que je faisais ce travail en attendant de faire autre chose dans la vie. Et si on choisissait de faire de la vulgarisation scientifique notre carrière? 

 

D’ailleurs, quel est mon travail? Suis-je une communicatrice scientifique, vulgarisatrice, animatrice, éducatrice? Quel nom dois-je utiliser exactement? Ce flou au niveau de la langue n’aide surement pas à se faire reconnaitre comme des professionnels dans notre domaine. Lors de ma première conférence avec des gens faisant un travail similaire, j'ai finalement trouvé un titre qui me plaisait: professionnel de l'éducation et de la vulgarisation (de l’anglais : Education and Public Outreach Professional). Cela donne de la crédibilité à ce que je fais et prouve que je suis une professionnelle dans mon domaine. Mais le titre est long et nécessite donc une explication pour la majorité des gens qui l’entendent. Même aujourd'hui, quand les gens me demandent ce que je fais dans la vie, je leur demande généralement s'ils ont quelques minutes pour pouvoir expliquer!

 

Il y a probablement plusieurs raisons pour lesquelles la vulgarisation en science n’est pas un cheminement de carrière évident. Premièrement, il existe très peu de programmes d’études dans le domaine et la plupart d’entre eux se font après un premier diplôme dans un domaine scientifique, comme le programme de maitrise en communication scientifique de l’Université Laurentienne. Une autre raison est que les activités de vulgarisation scientifique sont souvent gérées par des bénévoles. Bien que je sois reconnaissante du travail de ces bénévoles et que je les remercie d’investir tant de temps et d'énergie, cela envoie un message étrange: ce travail ne mérite pas de salaire. Je pense que cela donne l’impression que faire de la vulgarisation scientifique n’est pas une carrière et que tout le monde peut le faire: il suffit de faire appel à des bénévoles pour qu’ils fassent le travail! Il est vrai que certains aspects de la diffusion de la science peuvent être réalisés sans grande expérience, mais il y a une limite à ce que les bénévoles peuvent faire. L'expérience aide certainement et doit être reconnue comme un atout majeur.

 

Des organisations comme le Réseau de sensibilisation aux sciences et à la technologie (RSST) aident les gens qui travaillent en vulgarisation scientifique à se rassembler. C’est toujours inspirant de retrouver d’autres personnes qui ont aussi choisi comme carrière de partager leur passion pour les sciences. Je crois que ce rôle pour le RSST est très important, en particulier pour les jeunes qui commencent dans ce domaine et qui se demandent si ce sera un choix viable. Si vous avez des commentaires sur cet aspect du travail de vulgarisation scientifique et que vous souhaitez que le RSST en parle davantage, soit lors d'une future conférence ou d'un webinaire, n’hésitez pas à nous contacter. 
 

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