Les nouvelles infections à l’échelle de l’interface humaine et animale

Les maladies infectieuses m'ont toujours fasciné, spécialement celles qui voient le jour dans le monde animal. Lorsque j’ai commencé mon doctorat en 2014, l’épidémie du virus Ebola ravageait l’Afrique de l’Ouest. Peu après, l’étude des réservoirs négligés de virus d’origine animale et comment ces virus cohabitent avec leurs hôtes issues de la faune a commencé à m’intéresser. Les chauves-souris jouent un rôle primordial dans notre écosystème, mais de récentes études ont également révélé que ces animaux peuvent également être porteurs de plusieurs virus qui peuvent causer de sérieuses maladies chez l’être humain et les animaux d’élevage. Depuis les cinq dernières années, j’ai étudié, et découvert, des particularités dans le système immunitaire des chauves-souris leur permettant de cohabiter avec les virus. Comprendre comment les chauves-souris vivent avec ces virus sans développer de maladie pourrait peut-être un jour nous permettre de développer de meilleurs traitements pour d’autres mammifères comme les humains.

 

De toutes les nouvelles infections, 75 % d’entre elles sont d’origine animale. Les virus comme la rage peuvent être détectés chez les animaux comme les ratons laveurs, les moufettes, les renards et les chauves-souris, pour n’en nommer que quelques-uns. De plus, tous ces animaux se retrouvent en milieu urbain. Comment pouvons-nous alors nous protéger? Plusieurs sites Web gouvernementaux ont émis des recommandations pour limiter les risques de contracter la rage. Les voies d’expositions à la rage sont souvent liées au contact direct avec les animaux. Si vous entrez donc en contact avec l’un de ces animaux, communiquez avec votre service animalier local. Si vous avez subi une morsure, consultez immédiatement un professionnel de la santé. Vous pouvez également vous renseigner sur les cas de rage détectés au sein de la vie animale dans votre province en consultant le site Web de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Même si vous êtes exposés au virus de la rage, vous n’avez pas à vous en faire, car il existe un vaccin. Il suffit de vous faire vacciner avant que les symptômes ne se présentent. 

 

 

Il y a d’autres pathogénies qui se promènent des animaux aux humains et qui sont la cause de maladies graves. Le virus Nipah, qui s’est transféré des chauves-souris frugivores aux humains au Bangladesh, en est un bon exemple. L’infection à virus Nipah cause des syndromes respiratoires aigus et à des encéphalites mortelles chez l’humain. Bien qu’il n’existe pas de vaccin ou de traitement contre ce virus, des modifications en matière de politiques et des changements dans les pratiques traditionnelles ont joué un rôle important pour limiter les épidémies. Au Bangladesh, le virus Nipah s’est répandu par la sève contaminée du palmier dattier, une boisson traditionnelle que les habitants consomment fraîchement récoltée et qui n’est pas pasteurisée. Toutefois, les chauves-souris raffolent également de cette sève! Donc quand les agriculteurs installent leurs récipients pour récolter la sève du palmier dattier, les chauves-souris s’y précipitent pour s’abreuver directement des récipients, ce qui contamine la sève récoltée. En plus des travaux de recherche entrepris pour mieux comprendre le mécanisme moléculaire de la maladie, beaucoup d’efforts ont été déployés pour cerner des stratégies d’intervention afin de lutter contre la propagation de la maladie. Des gestes simples, comme couvrir les pots utilisés pour recueillir la sève avec des nattes de bambou, ont bien réussi à empêcher les chauves-souris de contaminer les récoltes de sève.

 

 

Plus près de chez nous, la maladie de Lyme est un problème émergent au Canada. Cette maladie se transmet par la morsure de tiques à pattes noires (Ixodus scapularis) qui sont porteuses de la bactérie pathogène. À l’état sauvage, la maladie de Lyme est maintenue chez les cervidés, les rongeurs et autres petits mammifères. Les randonneurs devraient faire preuve de prudence lorsqu’ils s’aventurent dans des sentiers non entretenus. Si vous avez passé du temps dans les herbes hautes, les arbustes et les buissons, il est toujours judicieux d'effectuer un examen attentif pour déceler la présence de tiques. Il est recommandé de demander l’aide d’un ami pour effectuer un examen mutuel. Vous trouverez des directives pour retirer une tique sur des sites gouvernementaux. Ce ne sont pas toutes les tiques qui sont porteuses de la bactérie, mais il n’y a pas de mal à vérifier et à retirer les tiques après une randonnée dynamique!

 

 

Les nouvelles infections continuent de représenter une menace. À mesure que l’humain empiète sur les forêts, nous continuerons à entrer en contact avec la nature sauvage, et possiblement avec les maladies dont ils sont porteurs. Faites attention aux animaux avec lesquels vous entrez en contact. En cas de doute, communiquez avec les autorités compétentes. Bien que les études cernent souvent des pathogènes dans la nature, les chances d’être exposés à des animaux infectés et de contracter le pathogène sont faibles.

Dr Arinjay Banerjee (Ph.D.) est un membre du conseil d’administration du RSST.

Cet article reflète sa propre opinion, et non celle de son employeur ou du RSST.

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